• VIDÉO-ATHMANI Mohamed Laïd - ASSOCIATION MOSAÏQUE

     

    ATHMANI  Mohamed  Laïd  a eu l'honneur d'être le premier invité de l' ASSOCIATION CULTURELLE MOSAÏQUE;.

    Pour la VIDÉO   de : ECH-CHOUROUK TV , il tient à exprimer ses meilleurs remerciements pour cette contribution qui gratifie, et l'auteur, et l'Association.

     Article écrit à facebook par M. DJOUDI MOHAMED..................en date du:

    11 novembre 2016 ·

     

    Je tiens à saluer l’initiative de l’Association « Mosaïque, Art et Culture » à apporter à la ville de Biskra, jadis un carrefour culturel et touristique de renom, une renaissance culturelle. Que notre Association soit remerciée pour son activité inaugurale d’avoir pensé à notre cher collègue et ami Monsieur Mohamed Mohamed Laïd Athmani pour l’honorer et lui rendre ainsi un hommage mérité.

    Personne ne peut douter de la sincérité et de l’engagement politique de notre ami Laïd, cela se lit aisément dans ses tentatives poétiques et littéraires. Ses écrits sont indéniablement le fruit d’une parturition douloureuse d’un être sensible, épris de justice et de liberté.

    Dommage que ses écrits ne suscitent pas en nous lecteur (du moins en ce qui me concerne) ce sentiment de compassion que les mots aux maux révèlent quand ils interpellent notre entité humaine dans son ambivalence la plus absurde. Les mots pour jouir de cette puissance à faire surgir cette amphibologie en nous, ne devraient-il pas être ciselés, burinés, cueillis, ré-fécondés, butinés, modelés, choisis avec minutie et délicatesse pour, d’abord, parler à notre singulière et naturelle réceptivité au BEAU ?

    Quel effet, auront-ils ces mots s’ils ne sont pas harmonieusement agencés, délicatement couplés pour nous convaincre de notre Humanité ? Nous réagissons par essence à la Beauté, la musique, la métrique, le rythme, la cadence ; même si cela, et à bon escient souvent, nous rappelle en même temps notre ambivalence, ces contradictions et ces conflits que nous portons en nous : le bien et le mal…

    C’est ce que nous apprenons à la lecture de Guerre et Paix, Crime et Châtiments, La Légende des siècles… Ces œuvres ont dépeint l’homme dans sa nature triviale, l’homme, cette créature qui est, à la fois, bonne et mauvaise ; mais si ces œuvres sont intemporelles, c’est parce qu’elles sont poétiquement et stylistiquement belles… quant aux contenus thématiques, ce n’est que du réchauffé, la lutte entre le bien et le mal existe depuis le crime originel…

    Par ailleurs, outre cette force poétique qui force la reconnaissance, la notoriété vient aussi quand l’écrivain prend part à la vie politique de ses contemporains… Victor Hugo, le poète des Châtiments était un militant politique actif, Apollinaire était soldat… Sartre écrivait dans un café, Albert Camus était journaliste à Alger Républicain… des Immortels…

    De grâce, ce n’est pas un mémoire de master exhibé qui octroie les lettres de noblesse à un poète… Monsieur Athmani mérite mieux… Quand même cher ami, Albert Camus est un Prix Nobel… Un écrivain et philosophe majeur du XXème siècle. Pour en vulgariser sa pensée et sa littérature, on pourrait même recourir à un Guluk dont le chat est assez fin et sagace, assez didactique pour exposer aux lycéens les différents aspects complexes de l’univers romanesque et philosophique camusien, et sans invective…

    Ecrire en réclusion, en vase clos, une posture que beaucoup de poètes ont également adoptée, mais ni l’une, ni l’autre ne dédouane « le poète » à donner à ses cris de colère cette épaisseur et cette dimension poétique nécessaires pour que ses vers soient doublement éloquents et virulents. La poésie de Mahmoud Derwich en est l’édifiante illustration : une poésie engagée, de dimension universelle car simple, belle et corrosive pour tous les geôliers, les bourreaux du monde… elle ne s’adressait pas seulement aux spoliateurs de son peuple, elle interpellait l’âme humaine et elle ne pouvait pas l’atteindre sans dénoncer l’horreur qui est en nous par le biais du Beau …

    Un poète peut être muselé, bâillonné, banni, honni, censuré voir exécuté pour ses pamphlets ou ses positions idéologiques tels Federico Garcia Lorca, Nazim Hikmet, Pablo Neruda, Aimé Césaire, Djamel Amrani, Youcef Sebti, Sénac … mais le poète ne peut être guère censuré pour apporter à ses chants cette beauté, cette esthétique, cette littérarité, arborée, telle une arme grâce à laquelle il défendrait mieux ces opprimés et ces persécutés pour lesquels il se propose le porte-parole pour une existence libre, dans un monde humainement et poétiquement fiable et vivable…
    L’écriture, notamment la poésie est par excellence subversive, elle l’est par sa poéticité, sinon elle n’est que paroles oiseuses, un délire scriptural… !

    Aller, cher poète et ami, sans rancune!

    P.S. Leny Escudéro, un chanteur engagé qui a chanté entre autres : L’affiche rouge, Le cancre, Vivre pour des Idées, Le chant des partisans, … des mélodies éternelles, lors d’une interview, quand on lui demandait pourquoi il n’écrivait pas de la poésie. Il a répondu : « Qu’est-ce qu’on pourrait bien écrire après avoir lu Baudelaire et Aragon ? »

    M. Med Djoudi

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  • Commentaires

    1
    Mardi 12 Novembre 2019 à 14:25

           Que monsieur Mohamed DJOUDI soit remercié pour sa tentative de critique constructive mais il aurait été beaucoup plus préférable pour lui  de développer « ce qu’est l’écriture d’urgence ? Et, qu’exige donc de nous l’écriture dite d’urgence ? » que de nous expliquer ce qu’est l’art pour l’art ou de nous signifier qu’il aurait été préférable que notre poète :  Mohamed Laïd ATHMANI eusse passé beaucoup plus de temps à polir et à vernir ses vers qu’à vouloir les écrire au jour le jour, la main sur le ventre, en suivant le fil des atroces événements que vivait la  Palestine ou que vivait son pays puisque ce qu’il nous a présenté jusque-là ne concerne essentiellement que la Palestine et l’Algérie dans les moments les plus durs qu’ils ont traversés.

    Sa poésie est beaucoup plus une chronique poétique qu’une véritable prétention à la poésie telle que l’entend notre Cher Mohamed DJOUDI.

    Mohamed Laïd  ATHMANI  m’avait dit un jour :

    « La poésie, je la laisse à ceux qui veulent s’en permettre le luxe, moi, je suis un militant. »

    Afin de conforter ce qui est avancé, ci-dessus, je vous présente ce que Mohamed  Laïd ATHMANI, lui-même nous dit dans: « L’après octobre noir »  sous le titre: « POÉMER »  en date du 5/11/91 à la page 65.

     =============

    « POÉMER »

     

    J’aurais bien aimé « Poémer »

    Comme ont, jusque-là les poètes « Poémé »

    Mais, moi, mon cher, j’ai écorché la poésie

    Pour lui faire endosser une autre peau que sa peau :

    MA PEAU !

    Ma peau qui fait FI de ce langage nouveau : Ce langage trompeur

    Ma peau qui crache ses maux et beaucoup d’autres maux

    Au paroxysme de la peur et de la douleur.

    Ma peau qui vomit ses maux au moyen de mots rugueux

    De mots pierres aiguisées

    De mots couteaux affûtés des deux côtés

    De mots lances pointues

    De mots javelots

    De mots terre-à-terre

    De mots de la vérité effritée

    De mots volcans en éruption

     

    Loin de moi ces mots pimpants, enjolivés, « multicolorés », clinquants scintillants

    Loin de moi ces phrases maquillées, arrondies, prostituées  

    Loin de moi ces beautés trompeuses voilant la triste réalité

    À moi les mots du temps

    Du sale temps qu’est le mien et le vôtre

    À moi les mots du temps

    Du temps des reptiles hideux et rampants

    Du temps des gens bas s’instituant en grands

    À moi les mots du temps

    Le temps du sang des enfants innocents

    Que pompent les (h)ommes vils et inconscients :

    Tant à l’EST qu’à l’Ouest

    Au Sud et au Nord : partout !

    Partout !

    Partout !

    Partout, L’homme n’est plus !

    L’homme est fou !

    Les enfants victimes pleurent et crient, partout !

    Les (h)ommes couards applaudissent et rient, partout !

    Et, je suis dans le noir et je vois

    Et, de l’amer amer, je bois et rebois

    Et, je pleure à force de voir

    Et, je pleure à force de boire et de reboire

    Et, je pleure et, je crie, avec eux aussi,

    Cette vie !                                                                                                                               Cette vie corrompue !

    Cette Chienne de vie qu’est la-leur et la mienne aussi !

    Et j’entends les enfants pleurant et criant

    Et je pleure et je crie

    Et, j’écris

    Et, j’écris

    Pour l’enfant que j’étais

    Pour l’enfant que je suis

    Pour les enfants du monde entier :

    MES PETITS FRÈRES

    MES PETITS AMIS.

     

    J’aurais bien aimé « Poémer »

    Comme ont, jusque-là, les poètes « Poémé »

    Mais, moi, MON CHER, j’ai écorché la poésie

    Pour lui faire dire ce que j’ai à dire :

    Les maux :

    Ces épines de la vie

    Vous me direz que ce n’est pas du tout nouveau : Les maux !

    L’homme les a de tous temps portés sur son dos :

    Les maux !

    Bien sûr ! Bien sûr, s’il s’agit de ceux qui font partie de son lot !

    Quant à ceux qu’on lui fait endosser

    À l’humanité, il faut les dénoncer !

    Au lieu de se terrer et de se taire

    Au lieu de croupir

    Et, à longueur de journée, drôlement, se mentir

    Je n’ai point le temps de chanter

    Ni celui de danser

    Je n’ai point le temps de rire                                                                                                 Ni celui de bien vivre

    De douleur en douleur

    Ivre

     

    Je n’ai point le temps de m’assoupir

    Ni même celui de me désaltérer

    Ou de me nourrir

    Et, en plus : comment oserais-je

    Me complaire

    Dans un monde en dérive :

    Dans une mer de maux ?

    Humain est mon cœur

    C’est un cœur de sang et de chair :

    Ce n’est guère un cœur de fer !

    Comment goûter aux délices,

    Quand, en ce bas monde, perdurent la souffrance et le supplice ?

    Comment vous entretenir de fleurs,

    Comment vous offrir des roses,

    Quand, sur le corps des hommes, se pavane la douleur ?

    Comment, à l’oiseau puis-je donner des grains

    Dans la paume de ma main

    Quand des enfants, partout dans le monde, se meurent de faim

    Et que, dans leur sommeil

    Tissé de cauchemars,

    Ils rêvent de croûtes de pain ?

    Comment ignorer tout cela, ô mes aïeux ?

    Les gémissements me crèvent les tympans,

    Les malheurs me crèvent les yeux et le cœur !                                                                   J’aurais bien aimé « Poémer »

    Comme ont, jusque-là, les poètes « Poémé »

    Mais, moi, Mon cher…

                                                                                                               05/05/91 

     

     

     

     

     

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